Histoire de la radio 
Les années 80 : les années des « pionniers »
RFM commence à émettre le 6 juin 1981. La station est créée par Patrick Meyer, ancien directeur de Radio 7, et Sam Bernett, ancien animateur d’RTL, dans la vague des radios libres qui a suivi l’élection le 10 mai de François Mitterrand à la Présidence de la République.
Son premier slogan est « RFM, la radio couleur », avec un logo
représentant les 3 lettres sous forme de néon vert, jaune et rose.
Le sigle RFM n’a pas de signification. Ses créateurs voulaient un nom « acronym » sur le modèle des stations américaines.
Les premiers studios d’RFM sont installés dans le Centre commercial de Vélizy 2 (Yvelines).
L’antenne est placée sur le toit du magasin. Ce site est choisi pour sa
situation favorable, en hauteur, qui permet de couvrir toute la région
parisienne.
Ses animateurs sont au départ bénévoles et pour la plupart débutants, comme Malher, Martial et Nicolas Lespaule (spécialiste du rock californien). D'autres sont du métier, comme Yann Arribard, qui travaillent la semaine pour Radio France et le week-end sur RFM sous le pseudonyme "Bernard".
RFM se démarque tout de suite des autres radios libres parisiennes
par son professionnalisme. Sa programmation rock et son format « music
& news » s’inspirent des radios américaines. Ses jingles, enviés
par tous les animateurs des autres radios, sont d’ailleurs réalisés
dans un studio de Dallas.
RFM est aussi la première radio libre à émettre en stéréo, grâce au talent de son directeur technique Jacques Roques, qui sera débauché par NRJ en 1984.
Une couverture importante, un bon son et une programmation rock
alors inédite sur les ondes françaises font la réussite d’RFM. En
soirée, des sondages classent la petite radio locale première en Ile-de-France,
devant la grosse périphérique RTL ! Mais ce succès va attirer
l’attention des autorités qui, dans ces premières années de
gouvernement socialiste, sont opposées aux radios commerciales.
Si la loi du 29 juillet 1982
sur la communication audiovisuelle libère les ondes, elle interdit dans
le même temps aux radios la « collecte de ressources publicitaires ».
Or, RFM vend de la pub. Elle utilise aussi un émetteur dont la
puissance va au-delà des normes tolérées. Considérée de fait comme
hors-la-loi, la station est brouillée par les services de l’Etat,
épisodiquement dès juillet 1981, puis en continu à partir du 5 novembre 1983. Au total, la radio dénombre « 423 jours de brouillage ». TDF mobilise pour cela 5 émetteurs. RFM n’est plus capté dans Paris, mais elle reste entendue jusqu’à Rouen, Tours et Reims !
Une campagne de soutien est lancée sur l’antenne. Les auditeurs sont
appelés à signer une pétition : 67.000 signatures sont recueillies. Un
disque « Radio brouillée » sort chez RCA, sur des paroles de Dominique Gauze (Gozzi) et une musique de Jean-Jacques Anselmi et Roger Poulet.
Par solidarité, Coluche
présente pendant 3 mois, fin 1981, une émission devenue mythique. Il
veut ainsi remercier Patrick Meyer qui avait démissionné de Radio 7
pour protester contre la censure dont l’humoriste a été victime en 1980 sur les antennes publiques.
En 1983, le chanteur et comédien Richard Bohringer
créé sur RFM une autre émission mythique : « C’est beau une ville la
nuit ». Ce programme de soirée se poursuivra sur différentes antennes (Kiss FM et Europe 2) pendant 15 ans.
Cette même année, les animateurs Laurent Petitguillaume et Laurence Boccolini débutent leur carrière sur RFM.
Par ailleurs, chaque vendredi, une star de la chanson remplace l’animateur : par exemple, Bryan Adams, Toto ou bien encore Leonard Cohen font le DJ sur la « radio couleur ».
En 1984, RFM gagne le combat de la pub. Celle-ci devient autorisée pour les radios privées (loi du 1er août
1984). L’association loi 1901 devient SARL. Mais la station a souffert
de ce long bras de fer avec le pouvoir politique. La « radio couleur »
ne remontera jamais tout à fait la pente. Au moins a-t-elle survécu,
alors que de nombreuses autres stations de l’époque ont disparu.
En effet, au milieu des années 80, la concentration des radios
privées s’intensifie. RFM développe son réseau national, grâce à une
diffusion par satellite. En mai 1986, elle rachète la radio CFM, dont
elle récupère les fréquences en province.
En 1986, RFM quitte le Centre commercial de Vélizy pour s’installer dans le quartier d’affaires de La Défense (Hauts-de-Seine).
Un nouveau logo apparaît : sur un fond noir, les 3 lettres RFM gardent leurs couleurs : vert, jaune et rose.
En 1987,
un certain Jacques Essebag est engagé pour présenter la matinale. Mais
comme il y a déjà un Jacques sur la grille, il change de prénom et
devient « Arthur ». Il n’est pas encore le « roi de la radio », ni un « enfant de la télé ».
A la fin des années 80, pour plaire aux annonceurs, RFM, qui
proposait jusqu’ici une programmation « classic rock », évolue vers un
format « soft rock » ou « contemporain adulte ». La station perd son
identité d’origine.
Les années 90 : les années « stars » [modifier]
Patrick Meyer se plaint de ne pas obtenir assez de fréquences de la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL).
Le réseau RFM a en effet du mal à s’étendre et prend du retard par
rapport à ses concurrents. Le fondateur de la « radio couleur » décide
de céder la station en mars 1989 au groupe anglais Crown Communication.
Andrew Manderstam
devient PDG. Patrick Meyer reste quelque mois vice-président, avant de
quitter définitivement RFM et d’aller vivre aux Etats-Unis.
La station est rebaptisée « RFM, La radio FM ».
Le nouveau logo représente un point d’exclamation noir et rouge barrant un rectangle blanc.
Les nouveaux propriétaires britanniques ont des moyens – 100
millions de FF sont investis - et de l’ambition. A l’été 89, ils
installent la station dans de nouveaux locaux à Puteaux (Hauts-de-Seine).
A la rentrée 1990, venus de la chaîne Canal+, Antoine de Caunes, Karl Zéro et Albert Algoud animent une émission humoristique de fin de journée (18-19h) : « Ba be bi bo bu ».
Le chanteur Eddy Mitchell et le champion de tennis Yannick Noah deviennent animateurs sur RFM le week-end.
Malher,
l’un des « historiques » de la « radio couleur » revient, comme pour
tenter de renouer avec le succès des débuts. Il anime la matinale avec Eric Lange, ancien de Skyrock. En 1991, ils sont remplacés par un autre duo fameux : Groucho & Chico. Ils ont notamment pour chroniqueur le journaliste télé Claude Sérillon.
Jean-Luc Reichmann, Leslie Bedos et Karine Ambrosio sont animateurs.
Mais la radio ne décolle pas dans les sondages. C’est même la chute : en 1993, l’audience passe sous 1,5% (source Médiamétrie). Dès 1992, Crown Communication, qui connaît des difficultés financières, cherche à se désengager. NRJ est candidate au rachat de RFM et surtout de ses 114 fréquences. Mais, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) signifie son refus le 4 septembre 1992. Un administrateur provisoire est nommé.
En octobre 1992, l’éditeur de presse Alain Ayache
se porte à son tour candidat, annonçant avoir pris le contrôle de 32,5%
du capital d’RFM. Dans son tour de table, NRJ détient 23,5% du capital,
19% pour Crown et 25% pour le Crédit Mutuel Artois. En décembre 1992,
les salariés, qui voient d’un mauvais œil l’arrivée du concurrent de
toujours, proposent leur propre plan de reprise.
D'autres candidats au rachat sont sur les rangs : le journaliste Jean-François Kahn de l’Evènement du Jeudi vient présenter son projet à l’équipe. « Onde Latine », une radio d’Aix-en-Provence
créée par des anciens d’Europe 2, propose de transformer la radio rock
en radio 100% chansons françaises. Autant de projets avortés.
En 1994, c’est finalement avec le groupe Lagardère, propriétaire d’Europe 1 et d’Europe 2,
qu’un accord de reprise est conclu. Accord facilité par le fait que
depuis janvier 91, c’est la régie d’Europe 1 qui vend la publicité du
réseau RFM. Les salariés participent au plan de continuation. Après 3
années de galère, la station est définitivement sauvée ! Frédéric Schlesinger, ancien dirigeant de RFM Sud-Ouest, est Directeur Général et Président du Directoire de la station.
En septembre 1994, c’est la naissance de « RFM, La radio en or »,
avec un nouveau format « Gold ». Un nouveau logo est créé : un carré
noir et un disque d’or. Tom Novembre est la voix de l’habillage antenne. Les jingles sont très « cool », à l’image de la programmation.
En été 1996, RFM déménage dans de nouveaux studios construits dans les locaux d’Europe 1, rue François 1er à Paris (8e).
Pendant 5 ans, la chanteuse Françoise Hardy présente quotidiennement l’horoscope dans « Des nouvelles des étoiles ». Laurent Romejko annonce la météo, le matin. En 1998, la journaliste et animatice Alexandra Kazan chronique l’actualité du cinéma dans « Le cinéma en 80 secondes ». Daniela Lumbroso lui succède en 2000. Quelques autres chroniqueurs de cette époque : Florence Nicod, alias « Fanfan », une ancienne coco-girl, Emmanuel de Brantes (people). Vincent Ferniaud (chronique culinaire) et Elisabeth Quin (cinéma). Eric Lange revient pour animer « L’Or Noir ».
C’est encore une période de création. Chaque année, l’équipe
participe à un projet collectif : des dramatiques, « Dracula » et « Le
fantôme de l’opéra » sont diffusées sur l’antenne. Un 1er avril, la
station fait croire, avec reportages, interviews et directs, que l’un
de ses animateurs, Yann Arribard, est parti dans l’espace.
En 1998, RFM rachète « Onde Latine » qui avait voulu l’absorber 4
ans plus tôt. Les fréquences ainsi acquises lui permettent d’élargir
son réseau dans le Sud.
En juillet-août 1999, le chanteur Philippe Lavil anime « Couleur café », le dimanche soir.
En septembre 1999, RFM TV est lancé sur le câble et le satellite. La
chaîne, qui décline la programmation de la radio, est réalisée sous
licence par le groupe AB. En décembre 1999, le site internet www.rfm.fr
est lancé. Il permet d’écouter la radio sur le net, en format Real
Audio.
Au tournant du millénaire, RFM reprend des couleurs, avec une audience record de 5,2% (sondage Médiamétrie de juin 1999).
Mais le format « Gold », avec 60% des chansons françaises (loi sur
les quotas oblige), ciblant un auditoire féminin, s’épuise. En
septembre 2001, une nouvelle grille est mise en place sur fond de
baisse d’audience.
Les duettistes Malher et Eric Lange sont à nouveau réunis. Ils
présentent un talk-show de 22h à 1h consacré aux grands sujets
d’actualité : « Ça va vous faire coucher tard ». Ils n’ont pas le temps
de s’installer. Leur émission est en effet arrêtée fin novembre par une
nouvelle direction.
Les années 2000 : les années de « flux » [modifier]
En novembre 2001, Christophe Sabot,
transfuge du groupe NRJ, devient le patron d’RFM. Celui-ci a pour
mission de remonter l’audience, mais aussi d’améliorer la rentabilité
de la société. Pour les équipes, habituées à la direction paternaliste
de Frédéric Schlesinger,
héritier de l’époque Meyer, c’est le choc. De nombreux anciens quittent
la station, volontairement ou non. Progressivement, en 2002 et 2003,
toutes les chroniques sont supprimées de l’antenne : priorité est
donnée au « flux » musical. Christophe Sabot, qui juge « La radio en
or » sans perspective de développement, transforme profondément le
produit RFM et lui donne une nouvelle dynamique.
Un nouveau logo, un galet bleu entouré de rouge, est créé.
Un ancien « claim » d'Europe 2 est adopté : « Le meilleur de la
musique ». RFM revisite les années 80-90 : de la nostalgie pour les
jeunes adultes.
En septembre 2002, Bruno Roblès,
ancien animateur d’NRJ, rejoint RFM. Il créé le « Face à Face Live »,
une rencontre avec un artiste qui se confie et chante en direct. C’est
la 1ère émission « live » lancée sur une radio musicale. Plus de 70
éditions suivent à raison d’une ou 2 par mois, avec de grands noms de
la chanson française, comme : Alain Souchon, Julien Clerc, Renaud,
Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Etienne Daho, Francis Cabrel,
Véronique Sanson, Marc Lavoine et Bernard Lavilliers … mais aussi avec
des vedettes internationales, comme : James Blunt, Joe Cocker,
Eurythmics, Cock Robin, Kim Wilde, Daniel Powter et Laura Pausini.
La matinale 2002 est animée par Frédéric Ferrer, avec le chroniqueur people Henri-Jean Servat.
Cette rentrée 2002 est aussi marquée par le lancement de « RFM Night Fever », une émission disco funk mixée par Pat Angeli (créateur du format en 1998 sur Europe 2), puis produite à partir de 2004 par Thierry Land.
En septembre 2004, la grille n’est que légèrement modifiée : Bruno
Roblès anime seule la matinale et Frédéric Ferrer s’installe au 16-19h.
A la rentrée 2005, le slogan d’RFM devient « Le meilleur des années 80 à aujourd’hui».
La matinale est confiée à Jean-Luc Reichmann, un animateur de jeux télévisés, ancien de la station dans les années 90.
En mars 2005, la chaîne du câble RFM TV est arrêtée. Lagardère n’a
pas souhaité renouveler son accord de licence avec le groupe AB.
En 2006, est lancée la tournée « RFM Party 80 », un spectacle
réunissant des vedettes de la chanson des années 80, comme Emile et
Images, Début de soirée, Lio, Jean-Pierre Mader, Rose Laurens, Sabrina,
Murray Head et Jeanne Mas. C’est un grand succès. Le 17 mai 2008, le
spectacle est donné au Stade de France devant 50.000 spectateurs.
En décembre 2006, RFM créé sa première webradio : « RFM Night
Fever ». Suivent 2 autres programmes sur le Net : « RFM Party 80 » et
« RFM Love 80 ».
En juin 2008, Christophe Sabot quitte le groupe Lagardère (pour retourner dans le groupe NRJ).
En juillet 2008, une nouvelle direction est mise en place : Jean-Christophe Lestra devient Directeur général du pôle des radios musicales de Lagardère, RFM et Virgin radio (ex-Europe 2). Sam Zniber, ancien Directeur des programmes de RTL2 et Fun (groupe RTL), est nommé Directeur des programmes des 2 réseaux musicaux de Lagardère.
En septembre 2008, le slogan de la radio devient « RFM, Tous les meilleurs Hits ».
La programmation musicale évolue : les Hits des années 80 laissent la place à ceux des années 90. Stéfan Caza (ex-RTL2) et Laurent Petitguillaume (ex-RTL) sont embauchés pour présenter la matinale. Bruno Roblès anime le 17h-20h et les « Face à Face Live ».
RFM est écoutée quotidiennement par près de 2,3 millions d’auditeurs, soit une audience cumulée de 4,4%, selon une étude Médiamétrie de septembre/octobre 2008.
Face aux nouvelles habitudes d’écoute – webradios et lecteurs mp3 –
la FM voit son audience globale baisser. Bientôt trentenaire, RFM
saura-t-elle surmonter ce nouveau défi ?
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